L’UPAC a rencontré le PQ

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SIMON BOIVIN
Le Soleil

(Québec) Les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont rencontré des dirigeants du Parti québécois en février et posé des questions sur la structure et le financement de la formation.

Alors que la chef péquiste Pauline Marois joue à fond la carte de l’intégrité, son parti a dû révéler en soirée, mardi, que l’UPAC a visité ses bureaux le mois passé.

À la demande de l’unité d’enquête, la rencontre «informelle» devait demeurer confidentielle, indique le PQ. Or, le directeur général du parti, Sylvain Tanguay, s’en est ouvert à une journaliste, et le PQ a ensuite décidé de diffuser plus largement l’information.

«Le PQ tient à rendre publique toute l’information à ce sujet afin de ne pas entretenir de confusion entre la situation du Parti libéral [PLQ], qui a été perquisitionné, et celle du PQ, à qui on a demandé d’expliquer sa structure et ses méthodes de financement.»

Plainte au DGEQ

La nouvelle est tombée le jour même où le parti souverainiste a déposé une plainte au Directeur général des élections (DGEQ) concernant une activité de financement libérale révélée dans le cadre d’une perquisition de l’UPAC au siège social du PLQ. Le péquiste Pierre Duchesne a insisté sur la visite personnelle faite au chef libéral Philippe Couillard par des enquêteurs. «Que sait-il qu’il refuse de dire?» a-t-il demandé.

En ce qui les concerne, les péquistes insistent sur le caractère régulier de la rencontre. «Les enquêteurs ont affirmé vouloir obtenir, de tous les partis politiques, des renseignements quant au financement du parti, à sa structure et à ses méthodes de financement», a indiqué le PQ.

Le président Tanguay et le directeur des finances et de l’administration, Pierre Séguin, ont répondu aux questions de deux sergents enquêteurs. Ils ont indiqué que le financement du parti est assuré par des bénévoles, qu’ils s’assurent que les dons sont effectués à titre personnel et que les objectifs de financement sont fixés en fonction du nombre de membres dans la circonscription.

«Le PQ n’a été soumis à aucune perquisition, n’a pas eu d’autre rencontre avec les enquêteurs et aucun document n’a été demandé», a fait savoir le parti.

Depuis quelques jours, la chef péquiste place l’éthique et l’intégrité au coeur des enjeux électoraux.

«Hypocrisie!»

«On est un peu au comble de l’hypocrisie!» a dénoncé de son côté le chef libéral Philippe Couillard, dans une mêlée de presse, à Asbestos. Il a élevé le ton en soulignant que le communiqué de presse du PQ est tombé le jour même où le ministre sortant Pierre Duchesne a porté plainte au DGE au sujet d’une descente de l’UPAC sur une affaire de financement libéral illégal.

M. Couillard a à peine reconnu qu’il y a une différence entre la descente policière au PLQ et ce qui est qualifié de visite des mêmes policiers au Parti québécois. «Eux autres, c’est pas bon, mais nous, c’est moins pas bon, c’est ça? a-t-il ironisé. Assez pour le Parti québécois de se draper dans la vertu.»

À la Coalition avenir Québec, on assure ne pas avoir été convoqué à une telle rencontre avec l’UPAC. «La CAQ n’a jamais été rencontrée par l’UPAC et n’a jamais reçu de demande en ce sens», a confirmé en début de soirée Guillaume Simard-Leduc, porte-parole du parti de François Legault.

 

 

L’élection ne freinera pas l’Unité

À moins de deux semaines de la fin de la campagne électorale, l’UPAC assure que ses nombreuses enquêtes en cours se poursuivent, et que si l’Unité doit frapper d’ici le 7 avril, elle va le faire.

En entrevue avec Le Soleil, la porte-parole de l’UPAC, Anne-Frédérick Laurence, a expliqué que si les enquêteurs doivent réaliser une perquisition ou même procéder à des arrestations d’ici la fin de la campagne électorale, ce n’est pas le volet politique qui va les freiner dans leur élan.

«Nous, on ne travaille pas pour le politique, a-t-elle lancé. Ce sont les enquêtes qui dictent les gestes à poser. Nous ne sommes pas influencés par le contexte actuel. Si nous devons agir, nous le ferons, peu importe ce qui se passe avec la campagne électorale.»

Il n’est pas difficile d’imaginer l’impact négatif qu’une frappe de l’UPAC pourrait avoir à quelques jours de la fin de la campagne, si elle était exécutée dans les bureaux d’un parti politique provincial, par exemple.

Lors du déclenchement de la campagne, début mars, la commission Charbonneau avait pour sa part choisi de suspendre ses audiences, afin de ne pas s’immiscer dans le processus électoral.

Avec Michel Corbeil, Valérie Gaudreau et Matthieu Boivin

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