Éthique et sociétés d’État: La vente de Vidéotron

marois peladeau

 

Le Soleil

Actualités, jeudi 19 novembre 2009

Lavoie, Gilbert

Le cas de Claude Blanchet est encore plus délicat parce que sa femme était ministre au gouvernement, membre du comité des priorités de 1996 à 2003, et titulaire des Finances de 2001 à 2003. Les ministres sont tenus au secret sur les délibérations du cabinet. Mais dans un monde où les apparences sont parfois aussi importantes que la réalité, la prudence aurait pu inciter le conjoint de la ministre à ne pas détenir de titres d’entreprises liées de près ou de loin au gouvernement.

À titre d’exemple, les médias ont appris en février 2000 que la Caisse de dépôt pourrait bloquer l’offre de Rogers Communications pour l’achat de Vidéotron. En août, la Caisse s’est portée acquéreur de Vidéotron en partenariat avec Quebecor. Les déclarations d’intérêt de Mme Marois montrent que son conjoint avait des titres de Quebecor en 1999, mais qu’il n’en avait plus en 2001.

De janvier à avril 2000, les actions de Québécor sont passées de 30 $ à plus de 40 $. Les déclarations d’intérêt de Mme Marois ne donnent pas d’information sur la date de la vente des actions de Quebecorpar son conjoint. Mais les chanceux qui ont acheté et vendu au bon moment ont fait un profit appréciable. Ce n’est peut-être pas le cas de M. Blanchet ; il est même possible qu’il ait vendu ses titres en 1999, avant l’intervention de la Caisse de dépôt avec Quebecor. Mais dans un monde où les apparences ont une telle importance, sa proximité avec les décideurs du gouvernement aurait pu l’inciter à se tenir loin de ce titre.

Refus de commentaires

La semaine dernière, Le Soleil a tenté en vain d’obtenir les commentaires de Claude Blanchet, mais il a refusé, même après avoir reçu copie de nos questions. Ce n’est qu’hier qu’une porte-parole, qui a demandé à ne pas être identifiée, a communiqué avec nous pour faire valoir qu’il était injuste de publier ce genre d’informations uniquement dans le cas de M. Blanchet, d’autant plus qu’il est le conjoint de Pauline Marois. Il est vrai qu’il est le seul ex-dirigeant d’une société d’État à avoir révélé ses avoirs. Mais c’est justement parce qu’il était alors le conjoint d’un ministre du cabinet qu’il a du se plier à une telle transparence. Ses prédécesseurs et ses successeurs n’ont pas de tels comptes à rendre au public.

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