L’opération Marton

accurso

Gilbert Lavoie
Le Soleil

Publié le 05 novembre 2009

(Québec) On a la mémoire courte dans l’entourage de Jean Charest. Après l’opération Marteau, c’est l’opération Marton qu’on aurait pu lancer pour répondre aux demandes d’enquête publique, au lieu de s’en prendre pendant deux jours à Claude Blanchet, le conjoint de Pauline Marois.

Tout le monde dans la classe politique se tient loin de Tony Accurso de nos jours, comme s’il avait la peste. Pourtant, tout le monde a fait des affaires avec lui ou avec ses associés. Les libéraux sont les plus ciblés parce qu’ils sont au gouvernement, mais Mme Marois me pardonnera de lui rappeler qu’il fut un temps où le PQ faisait copain-copain avec M. Accurso. Le meilleur exemple est celui du contrat de 110 millions $ accordé au consortium J.E. Verreault et Marton construction, en 1997, pour la construction de 12 centres hospitaliers de soins de longue durée.

Marton construction, c’était «Mar» pour Marcel Mélançon, le grand collecteur de fonds du PQ, et «Ton» pour Tony Accurso. Dans son rapport d’enquête sur Groupeaction, le juge Jean Moisan avait cité un extrait du cours de «contributions 101» donné par Mélançon à Jean Breault, un acteur principal du scandale des commandites. «On peut regarder passer l’avion, on ne va nulle part. Pour voyager, il faut acheter un billet. Si on choisit la première classe, on obtient plus de confort qu’en classe économique…»

Le contrat de 1997 avait été accordé à Marton sur invitation par la Corporation d’hébergement du Québec, qui relevait du ministère de la Santé, dirigé alors par Pauline Marois. La Corporation des entrepreneurs généraux avait protesté jusqu’en Cour supérieure, et réclamé que le gouvernement fractionne ce contrat entre plusieurs compagnies. Le gouvernement plaidait l’urgence pour agir ainsi, mais 18 mois plus tard, un seul centre avait été construit. Qui plus est, la gérance des projets avait été accordée au même groupe Verreault-Marton, au coût de 2,5 millions $. Trois ans plus tard, de nombreux ajouts au contrat initial avaient fait grimper la facture à 15 millions $. Interrogée à l’Assemblée nationale en mai 2000, la ministre Marois avait promis de faire des vérifications. On a conclu que tout avait été fait selon les règles de l’art…

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