La vérificatrice critique vertement la SGF sous le gouvernement péquiste

VGQ

Radio-Canada

La vérificatrice générale du Québec, Doris Paradis, porte un jugement très dur sur les lacunes de gestion à la Société générale de financement (SGF) entre 1998 et 2003, sous le gouvernement péquiste.

Dans son rapport, Doris Paradis constate des problèmes importants dans l’attribution des contrats et l’existence de bonis salariaux injustifiés pour les hauts dirigeants de la SGF. Le constat est troublant: des investissements décidés à l’aveuglette, des mandats alloués sans appels d’offres et souvent même sans contrats, des bonis somptuaires pour les cadres et un conseil d’administration laissé dans le noir.

La SGF a aussi accepté des pièces justificatives qui ne fournissaient pas assez de détails. « Des prévisions de coûts étaient souvent absentes ou trop peu détaillées. (…) Pour quatre projets importants, le conseil d’administration a reçu des informations incomplètes pour juger de la pertinence des dépenses ou en évaluer les risques financiers, lit-on dans le rapport. De plus, le suivi des coûts était inadéquat dans certains dossiers. »

Le bureau du vérificateur général, qui relève de l’Assemblée nationale, a reçu le mandat de vérifier les décisions de la Société générale de financement entre 1998 et 2003 par le gouvernement Charest lors de sa prise de pouvoir. Durant ces cinq ans, sous la direction de Claude Blanchet, la SGF a investi plus de 2,3 milliards de dollars dans 221 projets totalisant 10,6 milliards de dollars.

Gestion lamentable de la construction du métro vers Laval

La vérificatrice générale qualifie aussi de lamentable la gestion du projet de prolongement du métro de Montréal vers Laval. Selon elle, le projet a été mené dans l’improvisation depuis le début.

Mme Paradis a particulièrement critiqué le manque de transparence de l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Le rapport de la vérificatrice critique aussi la mauvaise évaluation du projet, une conséquence de la précipitation du lancement du projet.

Mme Paradis fait valoir que le gouvernement de Lucien Bouchard a pris la décision de lancer le projet sans même avoir les études nécessaires en main. Elle ne ménage pas non plus le gouvernement suivant, qui, en 2002, a poursuivi le projet sans en savoir davantage.

Elle estime que « plusieurs lumières rouges auraient dû être allumées », tant par l’AMT, son conseil d’administration et le ministère des Transports, tout au long du processus. Par exemple, dit-elle, constatant l’explosion des coûts, l’agence aurait pu revoir le projet, modifier le tracé, réduire le nombre de stations ou carrément abandonner le projet. Or, rien n’a été fait.

Devant ce constat, le ministre des Transports, Yvon Marcoux, a indiqué qu’il commandera une réévaluation totale du dossier par un comité d’experts indépendants qu’il nommera d’ici la semaine prochaine.

Le comité devra réévaluer les coûts estimés par l’AMT, revoir les modalités contractuelles conclues dans le passé, réévaluer les modes de gestion des contrats et, enfin, voir si l’échéancier prévu demeure réaliste.

Dans ce contexte, la mise en service du métro de Laval, planifiée pour juillet 2007, pourrait être retardée, a convenu le ministre Marcoux.

L’ex-présidente de l’AMT se défend

Pour sa part, l’ex-présidente de l’AMT, Florence Junca-Adenot, blâme les politiciens pour le dépassement des coûts du métro de Laval. Elle soutient que l’AMT a avisé Québec à plusieurs reprises que le budget alloué au projet était complètement irréaliste.

Mme Junca-Adenot a expliqué en conférence de presse qu’elle ne pouvait faire part publiquement de cette réalité en tant que dirigeante d’une agence gouvernementale, à moins de démissionner. Elle ajoute qu’au printemps 2002, le ministre des Transports de l’époque, Serge Ménard, a avisé l’AMT d’amorcer les travaux avec le budget de 345 millions $, ajoutant que ce budget serait ajusté si nécessaire.

Mme Junca-Adenot fait valoir que le budget a été décidé prématurément, avant que les études ne soient complétées, et qu’il s’agissait d’une décision proprement politique puisque le métro de Laval ne faisait même pas partie dans son plan stratégique.

Le prolongement du métro de Montréal vers Laval devait coûter 179 millions de dollars, selon les premières estimations en octobre 1998. Les coûts atteignent désormais 809 millions.

Autres critiques…

Outre les dossiers de la SGF et du métro de Laval, la vérificatrice générale a également dénoncé les éléments suivants dans son rapport:

  • Le gouvernement verse 1 milliard de dollars par année aux commissions scolaires pour aider les enfants en difficulté, mais n’a aucune idée de l’efficacité des services offerts;
  • La sécurité des données informatiques laisse à désirer, car le gouvernement ne procède pas à l’évaluation périodique de la vulnérabilité de son système informatique;
  • L’objectif qui consiste à promouvoir le « développement durable » demeure un concept flou et les gestionnaires chargés de l’appliquer sont « laissés à eux-mêmes ».
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