Claude Blanchet quitte la SGF en empochant plus de 1 250 000 $

Blanchet
Québec – Claude Blanchet a sitôt remis sa démission qu’un premier projet de la SGF est condamné par le gouvernement Charest: le développement du mont Sainte-Anne, un investissement de 280 millions.En annonçant le départ du président de la Société générale de financement (SGF), Claude Blanchet, le premier ministre Jean Charest en a profité pour condamner un projet de développement de 280 millions du mont Sainte-Anne qui allait se conclure sous peu.«Ce n’est pas le genre de projet qu’on favorise. Nous croyons que le secteur récréotouristique est déjà un secteur qui est à très haut risque et que l’État doit cibler avec beaucoup de rigueur ses interventions», a tranché hier M. Charest au cours d’un point de presse au terme de la réunion du conseil des ministres.

Première victime du changement d’orientation de la SGF décrété par le gouvernement libéral, le projet de développement du mont Sainte-Anne visait la transformation de ce centre de ski de la région de Québec en un centre de villégiature quatre saisons de calibre international, un peu comme ce qu’a fait Intrawest à Mont-Tremblant. Dans ce projet qui en était à l’étape finale de la vérification diligente, la SGF prenait une participation de 40 %. L’actuel propriétaire du centre de ski, Resorts of the Canadian Rockies, propriété de l’Albertain Charlie Locke, et l’homme d’affaires Charles Sirois, propriétaire du Château Mont-Sainte-Anne, en étaient les partenaires privés.

Pour Jean Charest, la nouvelle SGF devra se concentrer dans les PME et les régions. Or d’importants investissements annoncés récemment, comme celui de la société néerlandaise DSM Biologics dans une usine de produits biopharmaceutiques à Montréal, dont la première phase, à elle seule, est évaluée à 100 millions d’euros, ne cadrent aucunement avec cette orientation, tout comme l’usine Interquisa dans l’est de Montréal, un investissement de 700 millions de dollars, qui doit entrer en service en septembre prochain.

Hier, le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, s’est fait rassurant à l’égard des investisseurs. «J’en ai rencontré», a-t-il précisé au cours d’un point de presse. «Il n’est pas question qu’on mette en cause des projets qui sont partis et qui sont en cours, que ce soit Interquisa, que ce soit des projets dans la biotechnologie.»

À la suite de négociations avec le secrétaire du Conseil exécutif, André Dicaire, Claude Blanchet a renoncé à toucher une somme de 234 000 $ à laquelle il avait droit, soit le préavis de trois mois et le boni payable en cas de résiliation de contrat. Par contre, il recevra toutes les autres sommes que son contrat prévoit en pareille circonstance: une année de salaire, soit 257 500 $, la portion du boni de 2002 non encore versée, soit 18 600 $, et une bonification de sa rente de retraite annuelle, qui passera de 47 000 $ à un peu moins de 80 000 $. Cette rente de retraite, que M. Blanchet, âgé de 56 ans, commencera à toucher dans trois mois, constitue son trésor de guerre. Elle vaut environ un million de dollars, selon un actuaire interrogé. Selon une source, M. Blanchet a bénéficié d’un contrat identique à celui que le gouvernement libéral avait accordé à son prédécesseur, Marc Fortier.

En vertu de la décision du conseil des ministres d’hier, c’est Henri Roy, un proche de l’ex-ministre libéral Raymond Garneau, qui remplacera Claude Blanchet de façon intérimaire. Âgé de 55 ans, M. Roy, p.-d.g. de la firme HDR Capital, est un redresseur d’entreprises diplômé de Harvard. Il est passé par plusieurs entreprises, notamment Médis, filiale défunte de Provigo, BCE, Trizec Corporation et Cambior.

Décision attendue, le conseil des ministres a annoncé hier la démission du p.-d.g. d’Investissement Québec, Maurice Prud’homme, un proche de Claude Blanchet. M. Prud’homme touchera une année de salaire, 223 000 $, soit la norme habituelle en cas de résiliation des contrats visant l’embauche des hauts fonctionnaires.

À compter du 16 juin, Investissement Québec sera dirigé par Jean Houde, l’actuel premier vice-président aux affaires institutionnelles à la Banque Nationale.

Avocat âgé de 57 ans et titulaire d’une maîtrise en administration des affaires de Laval, M. Houde a passé huit ans à Hydro-Québec, de 1982 à 1988, et deux ans à la SGF, de 1980 à 1982, avant de se joindre à la Banque Nationale.

Comme il l’avait confié au Devoir la semaine dernière, M. Audet formera un comité indépendant d’ici quelques semaines pour évaluer la mission de la SGF, son portefeuille d’investissements et son administration. Ce comité révisera également les modes d’intervention d’Investissement Québec. M. Audet a réitéré qu’il n’était pas question pour l’heure de démanteler la SGF. Toutefois, la SGF doit abandonner son plan quinquennal qui prévoyait des investissements de 12,5 milliards puisque le gouvernement renonce à y investir les sommes nécessaires, soit de 400 à 500 millions par année.

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