Grève des infirmières, Marois reste inflexible

Pauline Marois doigt H

Ducas, Marie-Claude

Le Devoir
Mardi 6 juillet 1999

Alors que la Fédération des infirmières se faisait réclamer, hier, ses premières amendes en vertu de la loi spéciale adoptée par l’Assemblée nationale pour mettre fin à la grève des infirmières, les deux parties impliquées dans le conflit demeurent sur leurs positions.

La ministre de la Santé et des services sociaux, Pauline Marois, a répété, lors d’un point de presse tenu hier, que son gouvernement était toujours prêt à négocier, mais seulement si les infirmièresmettaient un terme à leur grève. «Quand un chef d’État propose à une organisation syndicale de lui-même s’asseoir à la table, je pense que c’est le signe d’une main largement tendue», a-t-elle déclaré, tout en répétant que la poursuite d’une grève illégale était «inadmissible»

Mme Marois a qualifié la loi 72, adoptée vendredi dernier, de loi «équilibrée et raisonnable». «Nous ne l’avons pas voulue revancharde, dit-elle. Nous ne l’avons pas voulue non plus pénalisante à outrance. Mais la question d’une grève illégale dans les services de santé ne peut non plus être banalisée à ce point.» Les amendes réclamées hier à la FIIQ en vertu de la loi 72 totalisent 125 000 $, qui s’ajoutent aux sanctions déjà imposées depuis le début de la grève pour des infractions à la loi 160, qui régit les soins infirmiers. En plus d’amendes imposées à la FIIQ, les lois prévoient diverses sanctions à l’endroit des grévistes, dont des pertes d’ancienneté, des réductions salariales, et la privation, pour les chefs syndicaux, de leurs salaires pour libération syndicale (voir autre texte, en page A 2).

Mme Marois s’est par ailleurs déclarée préoccupée par la situation qui prévaut dans le système de la santé. «Je suis un peu étonnée que l’on dise actuellement que la situation ne ne serait pas trop mal et serait acceptable», dit-elle. D’après les statistiques transmises par son ministère, 13 800 cas de chirurgie électives ont été remises à plus tard et 934 lits sont fermés à cause de la grève. «On repousse en avant les problèmes auxquels on va un jour ou l’autre être confrontés, estime-t-elle.

Sur la situation des services et les effets possibles de la grève, la ministère de la Santé a demandé des avis à divers organismes du secteur de la santé, soit le Collège des médecins, l’Ordre des infimiers et infirmières du Québec et le Conseil médical du Québec, en leur demandant de répondre d’ici mercredi.

Les 47 500 membres de Fédération des infirmiers et infirmières du Québec (FIIQ) ont déclenché, le 26 juin dernier, une grève générale illimitée, pour protester contre la lenteur des négociations avec le gouvernement. Les infirmières réclament du gouvernement une augmentation salariale de 6 % sur deux ans. Elles demandent aussi un rattrapage salarial de l’ordre de 7 % à 10 %. Le gouvernement ne veut pas accorder plus de 5 % sur deux ans, ce qui correspond aux offres faites à l’ensemble des employés du secteur public et parapublic.

Les autres points encore en litige comprennent les périodes de vacances, et les critères d’accessibilité aux postes.

Lors du point de presse d’hier, Mme Marois a rappelé que certains points avaient été réglés lors de négociations au cours des dernières semaines, notamment en ce qui concerne le fardeau de la tâche des infirmières. «Il y a eu des progrès remarquables, sur des aspects qui tenaient beaucoup à coeur aux infirmières», a-t-elle souligné.

Hormis les sanctions déjà spécifiées, Mme Marois n’a pas voulu s’avancer davantage quant aux mesures qui pourraient s’ajouter, telles que la mise en tutelle des syndicats, ainsi qu’un journaliste l’a évoqué. «Cela pourrait, à la limite, aller jusque-là, mais il y a une panoplie d’autres moyens encore possibles par les loi 160 et 72», a-t-elle déclaré.

Mme Marois a par ailleurs nié que les demandes d’avis faites par son ministère soient d’abord un exercice de relations publiques. «Je suis responsable, mon gouvernement est responsable, des services de santé donnés aux Québécois, et la situation n’est pas bonne», a-t-elle déclaré.

À la FIIQ, on n’avait pas de commentaires particuliers à faire sur les déclarations de la ministreMarois. «Elle n’a pas dit grand-chose de nouveau et refuse toujours de bouger sur les demandes salariales», a souligné Jennie Skene, la présidente.

La FIIQ a entrepris, hier, de consulter tous ses membres sur la poursuite de la grève. Les résultats des votes, qui se poursuivaient jusqu’à ce matin dans quelque 340 établissements, devraient être dévoilés cet après-midi.

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