Gel des frais de scolarité: Marois bat en retraite

marois surprise

Charest, Donald

Le Soleil
Lundi 18 novembre 1996

Au nom du gouvernement, la ministre de l’Éducation Pauline Marois annoncera aujourd’hui qu’elle va maintenir, du moins pour cette année, les frais de scolarité au cégep et à l’université à leur niveau actuel.

Mme Marois a convoqué les médias ce matin afin de faire connaître la position du gouvernement sur ce sujet explosif qui a mobilisé les étudiants depuis quelques semaines un peu partout au Québec.

Selon les renseignements qui circulaient hier dans le milieu de l’éducation, le gouvernement a réussi à identifier d’autres sources de revenus qui lui permettront de respecter ses objectifs de compression budgétaire.

Le mouvement de débrayage des cégeps a décollé durant le Sommet de Montréal lorsque le premier ministre Bouchard et la ministre Marois ont refusé de garantir aux représentants des étudiants que ces frais ne seraient pas augmentés. Les associations étudiantes avaient claqué la porte de cette rencontre avec fracas et lancé des moyens de pression.

Il faut se rappeler que l’ancien premier ministre Jacques Parizeau s’était engagé en campagne électorale à geler ces frais.

Dans le milieu gouvernemental, on souhaite que cette annonce tue dans l’oeuf les manifestations prévues et permette aux grévistes de sauver leur session.

Malgré des signes d’essoufflement dans les cégeps, le mouvement de protestation risquait de gagner l’université Laval, l’UQUAM, Concordia, McGill et l’Université du Québec à Rimouski au cours des prochains jours.

Une «journée d’étude nationale» est prévue mercredi à travers le Québec.

Avec ce recul apparent, il est clair également que le gouvernement de Lucien Bouchard tente de désamorcer une crise qui risquait de déborder sur son congrès plénier qui a lieu en fin de semaine prochaine à Québec.

La ministre Marois a toujours soutenu auparavant qu’elle ferait connaître sa décision à la mi-décembre.

Où prendre l’argent?

Reste à déterminer où Mme Marois va trouver l’argent qui lui manque. Son ministère doit absorber cette année une réduction de budget de 700 millions $.

Hier, des sources indiquaient qu’on a jamais vraiment envisagé de dégeler les frais de scolarité.

L’hypothèse la plus plausible demeure évidemment l’augmentation de la taxe scolaire telle qu’évoquée hier dans l’édition dominicale du SOLEIL.

Le ministère de l’Éducation refilerait ainsi une partie de son fardeau financier aux commissions scolaires.

68 des 154 commissions scolaires n’ont pas encore atteint le maximum permis par la loi soit 35 sous du 100 $ d’évaluation, un créneau qui permettrait de récupérer 100 millions $.

On exclut de toucher au régime de prêts et bourses. Une autre avenue pourrait être considérée, soit la hausse des frais afférents qui sont chargés aux étudiants des cégeps.

Un meilleur contrôle du phénomène du redoublement permettrait au ministère de l’Education d’épargner des centaines de millions. Seulement au primaire et secondaire, le redoublement coûte 300 millions à l’État et 135 millions $ à l’éducation supérieure.

Toutefois, cette voie nécessite des changements législatifs et des modifications aux conventions collectives et ne permet pas des récupérations rapides sur le plan budgétaire.

Soulignons que les frais de scolarité au collégial sont de 110 $ maximum, essentiellement des frais dits afférents alors qu’une formation universitaire coûte 1682 $ par année.

La ministre Marois rappelle constamment que ces frais sont les moins élevés au Canada.

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